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La LGV Bordeaux - Toulouse apportera-t-elle de nouveaux investisseurs ?

La LGV Bordeaux - Toulouse apportera-t-elle de nouveaux investisseurs ?

La LGV Bordeaux-Toulouse est un projet qui a été envisagé dès les années 1980. Ce projet de 8 milliards d’euros a déjà fait couler beaucoup d’encre depuis que le Premier ministre l’a confirmé au mois d’avril dernier. Cette nouvelle ligne permettra de relier Paris à la capitale Occitane en seulement 3 h 15. Faisant partie intégrante du GPSO (Grand projet ferroviaire Sud-Ouest), la ligne LGV Bordeaux-Toulouse rapprochera les deux pôles économiques et desservira les bassins d’emploi, de vie et d’activité présents sur cet axe.

La ligne permettra à plusieurs secteurs connexes de se développer, notamment le marché de l’immobilier, déjà favorisé, entre autre, par la loi Pinel à Bordeaux. Zoom sur les nouvelles avancées du projet.

©Alain Stoll - Flickr

Un engagement à hauteur de 4,1 milliards d’euros de la part de l’État

Le gouvernement a été interpellé, il y a quelques mois, par les élus d’Occitanie sur les risques d’une France à deux vitesses. Il s’est alors engagé à hauteur de 4,1 milliards d’euros pour le financement de la LGV Bordeaux-Toulouse.

Rappelons que la colère des élus du Sud-Ouest a éclaté après l’annonce d’un financement d’État de 3,5 milliards d’euros pour la nouvelle ligne Provence-Côte d’Azur, entre Marseille et Nice. La présidente de la région Occitanie, Carole Delga, et le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, ont pointé du doigt une disparité qui n’était pas du tout admissible à l’heure où le grand projet ferroviaire du Sud-Ouest n’a toujours pas été accompagné d’un financement officiel de l’État.

Parmi les projets pour lesquels la présidente de la région Occitanie s’est également battue, la mise en requête publique du tronçon Montpellier-Béziers fait partie des plus importants. Le Premier ministre a annoncé dans un courrier adressé aux collectivités une accélération de cette section. De ce fait, l’enquête publique devrait commencer avant la fin de 2021, ce qui permettra de déclarer l’utilité publique au cours de l’année 2022.

Un accord formalisé à la fin de l’été ?

En ce qui concerne les modalités de financement, la loi d’orientation sur les mobilités (LOM) a décidé de créer (par ordonnance) une société en charge de trouver les financements nécessaires à la construction du tronçon Bordeaux-Toulouse d’un seul tenant.

Le Premier ministre, Jean Castex, souhaite que les concertations entre l’État et les collectivités portant sur les conditions de constitution de ces sociétés de financement puissent aboutir à la fin de l’année 2021, pour une application à la fin du premier trimestre de l’année prochaine. Le GPSO pourrait alors devenir la première ligne à grande vitesse qui bénéficie d’une société publique locale de financement.

Les élus locaux ont précisé qu’ils seraient particulièrement vigilants sur la bonne tenue du calendrier par la SNCF et par l’État. Si tout se passe comme prévu, les travaux pourraient commencer en 2024 et la mise en service pour 2030 pourrait être maintenue.

Un projet plein de rebondissements

Le projet de ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse a connu de nombreux rebondissements depuis son lancement. Les écologistes par exemple sont toujours contre la LGV, préférant au projet à 8 milliards d’euros un réaménagement de la ligne actuelle, bien moins couteux.

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La ligne avait fait l’objet d’un débat public en 2005. Le tracé avait été validé en 2012, avec deux nouvelles gares en périphérie d’Agen et de Montauban. Les collectivités de Midi-Pyrénées avaient été appelées par l’État pour financer la LGV Tours-Bordeaux (à hauteur de 300 millions d’euros) en échange de la poursuite du projet de la ligne jusqu’à Toulouse. Cependant, ces collectivités ont interrompu leurs financements en constatant les retards du projet.

Rappelons également que l’enquête publique avait rendu un avis négatif en 2015, mais que l’État a ensuite signé trois déclarations d‘utilité publique en 2015, invalidées dans un premier temps, puis actuellement purgées de recours par le conseil d’État.

Nomination d’un directeur de projet des LGV

Carole Delga a annoncé la nomination d’un directeur de projet des LGV en Occitanie dès cet été. Cette décision a été prise après un partage de propositions avec le Premier ministre, Jean Castex, en juillet dernier. Selon la présidente de la Région Occitanie, le rôle de ce nouveau directeur sera de finaliser le plan de financement et de permettre aux projets des lignes Montpellier-Perpignan et Toulouse-Bordeaux d’avancer encore plus vite.

La Commission européenne a également annoncé dans le même temps le financement des études finales ferroviaires du Nord de Toulouse, à hauteur de 11 millions d’euros. Cette nouvelle est en parfaite cohérence avec l’annonce du gouvernement concernant la LGV Bordeaux-Toulouse en avril souligne le président d’Eurosud Team (association militant en faveur du projet), Jean-Louis Chauzy.

Ce cofinancement est assuré par le biais du MIE (mécanisme pour l’interconnexion en Europe) et intervient à hauteur de 242,2 millions d’euros qui seront accordés à des études sur les infrastructures de transport. Ces dernières sont destinées à accélérer la création d’un futur réseau de transport européen vert, intelligent et sûr. Jean-Louis Chauzy voit une décision importante dans le fait que l’Europe ait choisi de mobiliser cet outil pour le financement des LGV de l’Occitanie.

Un projet qui attirera de nombreux investisseurs

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L’arrivée de la nouvelle ligne Bordeaux-Toulouse devrait attirer encore plus d’habitants, notamment dans les zones périphériques, proches de la métropole occitane. Normalement, les prix de l’immobilier dans cette partie devraient grimper dans les années à venir et encourager, par la même occasion, les promoteurs à investir. Notons, par exemple, la montée en flèche de la demande immobilière dans la ville d’Avignon après l’arrivée de la LGV Méditerranée. Un changement qui a permis à la ville d’être classée en zone B1 selon le découpage Pinel.

Le rayonnement de la LGV Bordeaux-Toulouse atteindra aussi les communes environnantes des dessertes. On peut, d’ores et déjà, espérer un nouveau souffle pour le marché immobilier local, surtout sur Agen et Montauban.

Des nouvelles de la ligne Bordeaux-Espagne ?

La LGV Bordeaux-Espagne fait partie du Grand Projet ferroviaire Sud-Ouest. La nouvelle ligne reliera Dax et la nouvelle gare de Mont-de-Marsan. Elle sera longue de 160 km, dont 55 km en tronc commun avec la ligne Bordeaux-Toulouse. Cette ligne étant conçue pour la grande vitesse, les trains pourront rouler jusqu’à 320 km/h. Elle permettra aux voyageurs de gagner environ 20 minutes pour toutes les liaisons vers les sud de l’Aquitaine, la Bigorre et le Béarn et au-delà de l’Espagne.

L’enjeu de cet axe est avant tout environnemental. En effet, la partie sud de Bordeaux est malheureusement une des plus polluées de la région, et enregistre 10 000 camions environ en transit quotidien. Grâce à cette ligne à grande vitesse, l’augmentation du fret ferroviaire devrait permettre d’améliorer l’empreinte écologique de la région. L’objectif est donc de désengorger l’unique ligne ferroviaire du secteur et de déporter la route vers les rails.

Par ailleurs, la mise en service du raccordement entre les lignes Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax pourrait permettre d’envisager des relations entre l’Espagne, le Pays basque et l’arc méditerranéen, le tout avec un temps de parcours compétitif. Grâce à la LGV Bordeaux-Espagne, il ne faudra plus que 2 h 15 pour relier Toulouse et Bayonne, et environ 3 h 10 pour faire le trajet Toulouse-Bilbao.

Les travaux d’adaptation des rails ont déjà commencé en Espagne, et devraient être terminés courant 2024. Les travaux du côté français, eux, n’ont pas encore pu débuter.