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La LGV Bordeaux-Espagne : bientôt les travaux ?

La LGV Bordeaux-Espagne : bientôt les travaux ?

SOMMAIRE

L’engagement de l’État en faveur de la LGV Bordeaux-Toulouse a été annoncé par le Premier ministre, Jean Castex, le mercredi 28 avril. Cet engagement financier, à hauteur de 4,1 milliards d’euros, marque un pas considérable pour le projet et pour la région Occitanie. Qu’en est-il alors de la LGV Bordeaux-Espagne ? Un des points les plus importants de la campagne des élections régionales en Nouvelle-Aquitaine ? Devenu partie intégrante du programme Grand Projet ferroviaire Sud-Ouest (GPSO), le projet de création de ligne nouvelle Bordeaux-Espagne, dont le maître d’ouvrage est le RFF (Réseau Ferré de France), comprend, au total, 246 km. Une partie de cette ligne sera à grande vitesse : une section Bordeaux-Dax qui sera consacrée aux voyageurs, une section Dax-Frontière espagnole mixte fret-voyageurs. Faisons le point.

Les débuts du projet

Lancé au milieu des années 90, le projet a connu une première avancée avec l’organisation d’un débat public en 2006. Trois tracés ont été proposés lors de ce débat. Le fuseau EST, qui dessert Mont-de-Marsan et Dax, a été retenu par décision ministérielle en 2012, avec un tronc commun avec la LGV reliant Bordeaux et Toulouse sur 55 km, entre Saint-Médard-d’Eyrans et Bernos-Beaulac qui se trouve à proximité de Capiteux.

Du côté de l’Espagne, l’Y Basque (ou la LGV Vitoria-Gasteiz-Bilbao-Saint-Sébastien/frontière française) devrait permettre de relier Paris et Madrid à l’horizon 2030. Il s’agit d’une LGV mixte voyageurs/fret. Elle pourra bénéficier d’un écartement normal des voies, permettant ainsi de favoriser la circulation ferroviaire entre l’Hexagone et l’Espagne, notamment avec des vitesses de 120 km/h pour les marchandises et de 250 km/h pour les voyageurs.

Les raisons de la mise en œuvre de cette LGV

L’Union européenne, en 2003, a considéré que la réalisation d’un axe ferroviaire performant qui relie la péninsule ibérique et le nord du continent, via la façade atlantique, représente un objectif prioritaire. La LGV Bordeaux-Espagne s’inscrit dans le cadre du Grand Projet du Sud-Ouest (GPSO). Relier tout Bordeaux à Dax, tout en renforçant la liaison Madrid-Espagne et Paris-France, constitue l’un des objectifs principaux du projet. Ce dernier se présente ainsi comme une nécessité par rapport au transport (par camion) de marchandises sur l’autoroute Espagne-Bayonne-Bordeaux qui s’intensifie chaque année. La ligne à grande vitesse qui reliera Bordeaux à Espagne s’inscrirait donc comme un lien entre le nord, par la LGV Sud Europe Atlantique, et le sud, par l’Y basque (Vitoria-Gasteiz-Bilbao/Saint-Sébastien).

Un gain de temps considérable

Ce projet a été lancé afin de décharger les autoroutes aquitaines des camions transportant des marchandises en route vers l’Espagne. La LGV serait alors une ligne mixte TGV-fret. Se limiter à un projet uniquement « TGV » présenterait une faible rentabilité, notamment avec une vitesse maximale de 160 km/h sur la ligne reliant Bordeaux à Dax. Le Grand Projet Ferroviaire du Sud-Ouest permettrait de bénéficier d’une réduction des temps de parcours de :

Les objectifs principaux

En plus d’un gain de temps considérable, limiter les camions et créer une deuxième voie ferroviaire constitue également une « question environnementale primordiale », précise Alain Rousset, président de la région Nouvelle-Aquitaine.

Les grandes lignes du projet LGV Bordeaux-Espagne sont les suivantes :

Le tracé de la nouvelle ligne

LGV Bordeaux-Espagne tracé définitif : pour cette LGV, les acteurs du projet ont envisagé plusieurs options de tracé. La première option est la transformation de la section Bordeaux-Dax en ligne mixte. Cette section est l’une des plus droites et n’affiche que peu de passages à niveau. La deuxième option consiste à réduire, de manière légère, la longueur du trajet, en adoptant un tracé en ligne droite du côté de la RN10. La troisième option qui a été validée et dont le tracé définitif a été donné par le RFF touche l’est des Landes et sa capitale, Mont-de-Marsan. Toutefois, la création de cette branche LGV (prévue en 2020, puis en 2030) a été reportée pour une plus longue échéance.

L’apport de la LGV Bordeaux-Espagne pour Bordeaux

La nouvelle LGV, pour les grandes villes qui désirent renforcer leur attractivité et leur ouverture par rapport aux autres territoires, est attendue avec impatience. Toutefois, ce genre de projet peut provoquer l’inquiétude chez certaines communes qui se sentent menacées par ce nouveau tracé. La création de la LGV Bordeaux-Espagne est essentielle selon Alain Rousset, président de la Nouvelle-Aquitaine. Ce dernier affirme que « selon des études scientifiques, le sud de Bordeaux est la partie la plus polluée de la région ». Il rajoute que « 10 000 camions transitent dans la zone et la seule ligne ferroviaire existante est totalement saturée. Ce n’est pas normal que la région Nouvelle-Aquitaine n’ait qu’une seule ligne ». Pour lui, on est dans « l’ère de la mobilité, de l’économie du temps et de l’organisation », et il est temps que le Sud-Ouest soit relié au reste de l’Europe avec la grande vitesse. Il rajoute que le report de l’avion vers le train et de la voiture vers le train (notamment des camions) constitue une meilleure option pour lutter contre l’effet de serre. D’après toujours Alain Rousset : « ce que nous avons à faire, c'est ce qui s'est passé au 19e siècle quand on a fait les premiers réseaux routiers. Si l'on oppose mobilité moderne, gain de temps et environnement, on ne s'en sortira pas ; on sera envahi par des voitures ou alors paralysés. Le Sud-Ouest, que ce soit l'Aquitaine vers la frontière espagnole ou vers Midi-Pyrénées, doit être desservi ».

Ce genre de projet pourrait également attirer les investisseurs en quête de logements neufs dans la ville. De plus, différents dispositifs d’aide à l’achat dans le neuf sont disponibles, à l’instar de la loi Pinel à Bordeaux.

La date d’ouverture

Pour le projet LGV Bordeaux-Espagne, la création de la ligne en deux temps a été prévue : relier Bordeaux à Dax et Dax à l’Espagne. Cependant, cette nouvelle ligne compte des opposants et sa réalisation est remise en cause. Les opposants avancent les arguments suivants : coûts de construction élevés, coûts de maintenance prohibitifs, paramètres de construction plus exigeants… Jusqu’à aujourd’hui, aucune date d’ouverture n’a été donnée.