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Un téléphérique prévu à Bordeaux d’ici 2026 ?

Un téléphérique prévu à Bordeaux d’ici 2026 ?

Le téléphérique commence à séduire de plus en plus de métropoles françaises, même s’il demeure relativement rare. Après une implantation réussie à Brest et bientôt à Toulouse, ce mode de transport vertueux pourrait avoir sa place à Bordeaux dans les prochaines années. Cette solution écologique est actuellement sur le banc d’étude pour effectuer la liaison entre les deux rives. Les travaux pourraient s’inscrire dans le schéma des mobilités de Bordeaux-Métropole 2020-2030. L’arrivée du téléphérique dans la métropole pourrait présenter de nombreux avantages, notamment pour le marché de l’immobilier local. Les investisseurs pourraient être très nombreux, d’autant plus qu’ils peuvent compter sur la loi Pinel à Bordeaux pour leurs investissements locatifs. Zoom sur les coulisses du projet de téléphérique à Bordeaux.

Une nouvelle solution de mobilité dans 5 ans ?

@samson katt - pexels

Le président de la métropole bordelaise a récemment affiché son enthousiasme pour la mise en place d’un téléphérique lors de la présentation du schéma des mobilités. Ce mode de transport pourrait permettre aux usagers de traverser la Garonne d’une rive à l’autre en quelques minutes. Avec ce type d’installation, il sera possible de décharger en partie la ligne A du tramway d’après Alain Anziani. Le projet est déjà en discussion et certaines questions fondamentales ont déjà été soulevées : quel sera son tracé ? Quel budget allouer aux travaux ? Quelle pourrait être la capacité des futures cabines ?

Un tracé passant par-dessus la Garonne

Selon les premières concertations, le nouveau téléphérique de Bordeaux devrait passer entre le quartier Achard (à proximité de la Cité du Vin) et la Buttinière à Lormont, sur la rive droite, par-dessus le fleuve de la Garonne. Il y aura en tout trois stations, un arrêt intermédiaire est prévu au niveau de la gare de Cenon. L’intermodalité sera possible avec ces installations, avec notamment une correspondance avec le RER et les lignes A et B du tramway.

Une fréquentation maximum attendue

Si l’on se réfère aux téléphériques de Toulouse ou de Brest, celui de Bordeaux devrait pouvoir accueillir 13 000 voyageurs par jour. Ces chiffres peuvent paraître impressionnants, mais cela reste relativement peu pour espérer régler la saturation des transports à l’heure actuelle. Par ailleurs, les problèmes de congestion au niveau de la route nécessiteront d’autres solutions. La Ville a pris position sur le sujet, l’objectif de la mise en place du téléphérique bordelais est avant tout d’offrir un franchissement supplémentaire au fleuve. Le maire a également souligné le fait qu’un téléphérique peut servir « d’outil de tourisme ». En effet, les touristes adorent ce mode de transport, ils pourront visiter Bordeaux d’une autre manière.

Un outil d’intermodalité

Les ambitions de Bordeaux concernant la fréquentation attendue pour le nouveau téléphérique dépassent largement les prévisions de Toulouse, avec ses 8 000 voyageurs par jour. Cela n’inquiète pourtant pas le maire qui sait pertinemment que le téléphérique n’est rien de plus qu’un outil d’intermodalité. Du côté de l’opposition, on pense à la construction d’un nouveau pont, après le pont d’Aquitaine, ainsi qu’au développement futur du transport en commun fluvial. Ce dernier est un projet qui a longtemps été présenté sur la table durant des années, mais qui n’a pas encore pu être exploité à 100 %. Des navettes fluviales font déjà l’aller-retour entre les deux rives, mais avec une fréquence encore limitée. La métropole a d’ailleurs déjà décidé que le nombre de batcubs allait être doublé prochainement pour qu’ils deviennent un moyen de transport à part entière.

Un budget prévisionnel estimé à 40 millions d’euros

C’est une des grandes questions que tout le monde se pose à la vue d’un tel chantier : Qu’en est-il du budget ? La ligne d’environ 2 km devrait voir le jour à l’horizon 2026 et devrait coûter environ 40 millions d’euros. Bordeaux Métropole a pourtant déjà effectué les premières études, et elles ont démontré que le coût des travaux et des plans pourrait facilement atteindre les 50 millions d’euros. Le téléphérique devrait faire le trajet dans un sens entre 10 et 15 minutes, selon les scénarios.

En fin de compte, le budget pour le téléphérique de Bordeaux tourne autour de 25 millions par kilomètre. Une facture un peu plus élevée que celle de la ligne D du tramway, à hauteur de 18 millions d’euros par km (au lieu des 30 millions prévus au départ). L’avantage avec le téléphérique, c’est qu’il peut passer par un tracé impraticable pour ses principaux concurrents. Cela signifie qu’il mettra moins de temps pour un trajet identique, ce qui lui permet d’afficher un tarif compétitif.

On peut parler ici d’un budget « correct », surtout s’il l’on devait faire une comparaison avec la création du pont Simone Veil, par exemple, qui permettra lui aussi de relier les deux rives de la Garonne, mais à un coût faramineux de 200 millions d’euros.

Une compatibilité possible entre la réglementation de l’UNESCO et le téléphérique de Bordeaux ?

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Rappelons que Bordeaux est protégé par la réglementation UNESCO sur la protection de la ville. Il s’agit d’une des plus grandes difficultés à surmonter et des premiers défis à relever pour ce projet de grande envergure. En effet, la métropole doit réaliser toutes les études nécessaires pour essayer de contourner toutes les zones protégées par l’UNESCO. En travaillant minutieusement sur ces points, il ne devrait pas y avoir de conflit possible entre les deux parties.

Les bordelais auront certainement leur mot à dire sur l’impact visuel que pourrait avoir un téléphérique sur la ville. Même si le PDG de la société Poma campe sur ses positions en affirmant fièrement qu’une telle installation ne gâchera pas l’image de « carte postale » du port de la Lune, le maire reste encore sceptique. Jean Souchal ajoute que les touristes ne pourront qu’apprécier le panorama offert par la ville du haut des cabines suspendues à 30 mètres au-dessus du fleuve.

Le système par câble pour franchir les obstacles

Le PDG de la société Poma (leader du transport par câble), Jean Souchal, a expliqué que le système de transport par câble est une véritable révolution en matière de praticité. Il raconte que pour la mise en place du téléphérique de Grenoble, son équipe et lui devront faire face à différents défis sur le tracé imaginé. En effet, il faudra qu’ils passent par-dessus une voie de chemin de fer, deux autoroutes et deux cours d’eau. Le chantier nécessaire aurait été beaucoup plus important et la facture 10 fois plus importante s’il avait fallu construire des ponts ou faire un tramway souligne-t-il. Avec les systèmes par câbles, contourner les obstacles est plus simple rajoute le chef d’entreprise.

Des points encore en suspens

Le téléphérique de Bordeaux est aujourd’hui en phase de commencement, beaucoup de points sont encore à discuter. Avant que les travaux ne commencent, il va falloir avoir l’accord des habitants et discuter de l’itinéraire définitif. Par ailleurs, les responsables réfléchissent aussi sur la possibilité d’installer un pylône supplémentaire à Cenon pour que les habitants de cette partie de la ville puissent également profiter de ce mode de transport.

Tous les ans, le téléphérique devra être arrêté pendant une période de 3 semaines pour passer en maintenance. Il s’agit d’un détail technique impératif qui doit être programmé dès les prémices du projet pour qu’il y ait le moins de préjudices possible sur le bon fonctionnement des lignes.