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RE 2020 : une nouvelle réglementation en approche pour la construction neuve

RE 2020 : une nouvelle réglementation en approche pour la construction neuve

SOMMAIRE

La réglementation environnementale 2020, RE 2020, entrera en vigueur le 1er janvier 2022. Le projet de loi vient de paraître en consultation publique, une réglementation environnementale concernant la construction des bâtiments neufs. Une nouvelle assez réconfortante dans un contexte d’urgence climatique et l’attente d’une bonne transition énergétique, attendue par la société depuis déjà quelques années. Si la loi est promulguée, elle imposera des calculs de limitation sur la consommation d’énergies polluantes, comme c’est le cas avec le rejet de CO2, pour les matériaux qui seront utilisés dans la construction neuve. Des changements qui pourraient avoir de nombreux impacts sur les modes de construction et sur les contrats d’assurance. Les nouveaux investisseurs pourront profiter de logements œuvrant dans le cadre d’une politique environnementale ambitieuse, tout en bénéficiant des avantages prévus par la loi Pinel à Bordeaux. Bien que cette loi est un réel besoin pour la planète, le monde du bâtiment relève quelques points négatifs, notamment en pointant du doigt une réglementation « bâtiment-centrée ».

La réglementation environnementale 2020 décortiquée par l’Ordre des architectes

La réglementation environnementale 2020 entrera donc en vigueur au début de l’année 2022, après une expérimentation menée depuis 2016 par les professionnels de l’immobilier et du bâtiment, à travers le label E+ C-. La publication des textes réglementaires sera annoncée d’ici quelques semaines. Il faut savoir que la RE 2020 concernera les bâtiments de logements, dans un premier temps, avant de s’étendre aux bâtiments d’enseignement et tertiaires, comme le souligne le Conseil national de l’Ordre des architectes (Cnoa) dans un texte à l’attention des professionnels du secteur, paru le 9 juin 2021. Pour l’Ordre, la principale avancée de la nouvelle réglementation consiste à rendre obligatoire la simulation de l’empreinte carbone du bâtiment pendant toute sa vie. En effet, elle combine l’objectif de réduire l’empreinte carbone du bâtiment et d’améliorer les performances énergétiques. Le premier objectif portera sur les émissions de CO2 depuis l’étape de la construction, comprenant le choix des techniques de construction utilisées et des matériaux, jusqu’à la phase de démolition. Comme la RE 2020 prévoit « un calcul de l’analyse du cycle de vie dynamique bonifiant le stockage temporaire du carbone », le recours aux matériaux biosourcés, comme la paille, la laine de chanvre ou le bois, sera avantagé. Le Cnoa rappelle que les matériaux de synthèse qui sont gourmands en énergie, comme le béton, ou qui sont issus de la pétrochimie seront pénalisés.

Parmi les points importants dans cette nouvelle réglementation, on citera aussi l’introduction des DH (degrés heures d’inconfort) pour mesurer le confort d’été. Cette partie remplace donc l’ancienne TIC (Température intérieure conventionnelle). Grâce à cette approche réglementaire, on devrait noter une nette amélioration de la qualité de vie pendant les grandes périodes de chaleur en été.

L’Ordre des architectes déplore le manque d’ambition du Bbio

Depuis les prémices du projet et lors de la concertation avec l’État, l’Ordre des architectes a toujours appuyé l’idée que la clé de voûte de la nouvelle réglementation devrait être normalement constituée par la maîtrise des besoins en énergie (confort d’été et chauffage), par le biais de la réalisation d’une enveloppe thermique performante. Sur ce sujet, l’Ordre des architectes souligne le fait que les besoins énergétiques (Bbio) à atteindre dans la réglementation environnementale 2020 auraient pu être plus ambitieux (30 % de moins par rapport à la RT2012), surtout avec les pratiques courantes de construction actuelles. Par ailleurs, le Conseil national de l’Ordre des architectes regrette aussi que la nouvelle réglementation ne valorise pas plus les approches frugales qui recourent le moins possible aux équipements ainsi que la conception bioclimatique. Il précise aussi qu’il aurait mieux fallu promouvoir davantage les solutions qui font appel à l’intelligence des usagers et des concepteurs plutôt que celles qui nécessitent des technologies complexes.

Une loi « bâtiment-centrée »

Le Cnoa regrette également le fait que les bâtiments qui sont situés dans les zones urbanisées, qui ne participent pas à l’artificialisation des sols et qui sont à proximité des réseaux de transports collectifs ne font pas l’objet d’un traitement particulier. À l’instar des anciennes réglementations, la RE 2020 est aussi « bâtiment-centrée ». Dans un contexte post-covid, la qualité de l’air intérieur n’a pas non plus eu l’attention qu’elle mérite, alors qu’elle représente un coût social estimé à plus de 19 milliards d’euros chaque année dans l’Hexagone.

RE 2020 : les répercussions sur la filière gaz

Avec sa prochaine entrée en vigueur, la RE 2020 aura des conséquences assez lourdes sur le marché de la chaudière à gaz. En effet, la filière pourrait perdre l’installation d’environ 100 000 chaudières, et ce, dès l’année prochaine. Rappelons que la nouvelle réglementation va bannir le chauffage fonctionnant exclusivement au gaz dans les maisons individuelles dès 2022, et dans les maisons collectives à partir de 2025. Certaines inquiétudes font également surface à cause de la fin de l’aide prévue pour les chaudières gaz, financés jusque-là par les CEE (certificats d’économie d’énergie).

Par le biais de Coénove, leur organisation professionnelle, les acteurs du gaz dans le secteur du bâtiment estiment que l’État souhaite simplement exclure cette énergie. Selon eux, les décisions ne prennent aucunement compte du verdissement de leur énergie par le biogaz et encore moins du soutien qu’elle peut apporter au réseau électrique pendant les périodes hivernales.

Les exigences de la RE 2020

Les exigences de la nouvelle réglementation environnementale comprennent trois principaux volets : l’impact carbone, la performance énergétique et le confort d’été. Ces derniers se déclinent en six indicateurs.

La RT2012 était surtout centrée sur la performance énergétique et n’avait que deux indicateurs, à savoir la Cep et le Bbio.

Des modes de calcul différents

Les experts du Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) expliquent que « sur le plan énergétique, la RE 2020 va réemployer les bases de calcul de la RT 2012 ». Cela comprend la plupart des algorithmes de calcul de la RT, en prenant en compte l’éclairage, les systèmes de refroidissement et de chauffage, les auxiliaires (ventilateurs et pompes) et l’eau chaude dans les sanitaires. Parmi les principaux changements, on pourra citer le remplacement de la surface de référence par la surface habitable (Shab) et la surface utile pour le tertiaire. La RT 2012 se calculait avec la surface de plancher (SDP), à laquelle il fallait ajouter la surface des combles non habitables.

De nouvelles consommations sont désormais à inclure dans le calcul :

On notera aussi l’ajout de différents points :