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Effondrement d’immeubles à Bordeaux centre : ce que l’on sait

Effondrement d’immeubles à Bordeaux centre : ce que l’on sait

SOMMAIRE

Deux immeubles se sont effondrés dans le centre historique de Bordeaux, rue de la Rouselle, dans la nuit du dimanche au lundi 21 juin dernier. On dénombre trois blessés, dont un grave, un bilan catégorisé de « miraculeux » par les secours au vu des dégâts constatés. Le maire de Bordeaux a annoncé dès le lendemain qu’un audit sera mené dans le centre-ville afin d’identifier les immeubles vétustes. Rappelons que depuis le début du mois de juin, trois immeubles se sont malheureusement effondrés dans le centre-ville bordelais. Des statistiques qui devraient faire office de sonnette d’alarme pour les responsables du secteur. D’un autre côté, le marché de l’immobilier neuf à Bordeaux est en pleine croissance et ouvre une porte vers des bâtis plus solides, répondant aux normes en vigueur dans le milieu et donc rassurant pour les futurs investisseurs. Retour sur les détails de cette série d’effondrements d’immeubles.

Rue de la Rousselle : le périmètre de sécurité étendu

Après l’effondrement des deux immeubles à Bordeaux, une dizaine d’immeubles aux alentours ont été évacués par crainte d’un effet domino. Ces faits se sont déroulés seulement quatre jours après l’effondrement d’un immeuble dans le quartier Saint-Michel, d’où la nécessité et l’urgence de lancer un audit pour évaluer et répertorier les habitats à risque présents dans la vieille ville.

Les pompiers ont été appelés vers minuit trente pour l’effondrement de deux immeubles de trois étages, l’un au 19 rue de la Rousselle et l’autre au 21 de la même rue, dans le secteur de la porte de Bourgogne. Il a été rapporté que le premier immeuble était vide et en travaux, tandis que le second abritait encore neuf personnes. Le bilan de trois blessés est définitif, les personnes touchées ont été hospitalisées au CHU de Bordeaux. Parmi les victimes, l’homme de 28 ans, gravement blessé, est aujourd’hui hors de danger, selon le maire de Bordeaux. Les deux autres, un homme de 48 ans et une femme de 38 ans, sont, eux aussi, bien rétablis, après des blessures « sans gravité ». Par ailleurs, les six autres occupants sont sortis indemnes des immeubles et ont pu être évacués à l’aide d’une nacelle.

La municipalité de Bordeaux a réclamé l’expertise judiciaire après cette série d’effondrements. Après évaluation, l’expert a demandé aux autorités d’élargir le périmètre de sécurité afin de prévenir tout risque. Parmi les mesures engagées, il veut avant tout éviter les attroupements ainsi que les stationnements au carrefour impasse Fauré, rue de la Porte Saint Jean et rue de la Rouselle. Toutefois, l’accès côté pair de l’impasse Fauré demeure autorisé pour les riverains. Le service de gardiennage qui a été mis en place dans le périmètre sera aussi prolongé autour du dispositif, selon l’équipe municipale.

Malgré l’hypothèse de la cause de l’effondrement des immeubles, impliquant les travaux dans la rue voisine qui auraient pu fragiliser leur structure, le maire adjoint du quartier, Amine Smihi, a déclaré que pour le moment, la question reste encore en suspens. Il précise qu’au-delà des paramètres liés aux travaux dans la rue voisine, la météo aurait également pu jouer un rôle dans ce drame.

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Des immeubles vétustes et fragilisés

La mairie précise que des travaux réalisés dans la rue des Bouviers (la rue parallèle) auraient provoqué de fortes vibrations qui ont agrandi les fissures déjà existantes dans différents immeubles de la rue Planterose. Un arrêté de péril a été rapidement adopté par la municipalité au début du mois de juin, avec l’ordre d’évacuation de quatre immeubles. En tout, 16 riverains ont été évacués et certains d’entre eux ont dû s’installer provisoirement chez des proches. Six familles ont été logées dans un appart-hôtel qui a été réservé par la ville de Bordeaux.

Évacuation des riverains

En tout, 13 immeubles ont été évacués suite à l’écroulement des deux immeubles voisins. Aujourd’hui, les habitants des bâtiments dont les entrées sont situées au 14 et 16 cours Alsace Lorraine, ne donnant pas sur la rue de la Rouselle, peuvent revenir chez eux. Les autres sinistrés qui ne peuvent pas encore accéder à leur domicile peuvent contacter la mairie du quartier s’ils souhaitent récupérer des biens essentiels. Ils sont invités à dresser une liste complète des biens qu’ils veulent récupérer (papiers, moyens de paiement, etc.).

Dans une grande portion de la rue de la Rousselle, l’eau, l’électricité et le gaz avaient été coupés afin de prévenir tout danger. Dernièrement, l’alimentation en gaz a été rétablie à l’exception de 4 adresses (dont un commerce), qui devront attendre que les immeubles 17 et 23 soient consolidés, selon la Ville. Le rétablissement de l’électricité se fait petit à petit dans les foyers concernés par la coupure, du 3 au 13 et du 27 au 41 rue de la Rousselle. Bien évidemment, sont à exclure les logements inclus dans le périmètre de mise en sécurité.

Eau de Bordeaux a installé deux points multiples d’accès à l’eau place Raymond Colomb et au 1 rue de la Rousselle, et livre chaque jour 1 608 bouteilles d’eau. La mairie a indiqué que les travaux vont être réalisés dans les meilleurs délais pour permettre le rétablissement de l’eau potable.

Lancement d’un audit

Comme nous l’avons survolé un peu plus tôt, un audit va être lancé dans le centre historique de Bordeaux après ces effondrements. Rappelons que moins d’une semaine avant l’effondrement de ces deux immeubles, un autre immeuble s’était écroulé au 24 et 26 rue Planterose, mais cette fois-ci, sans faire de victime. La Ville a décidé d’agir face à ce constat. En effet, dans une ville comme Bordeaux, 60 % des résidences principales sont dans des immeubles construits en 1948. Le lancement d’un audit pour inventorier les immeubles présentant des risques dans le centre-ville est donc vital.

L’audit répond parfaitement à la demande qui a été formulée par le groupe d’opposition Renouveau Bordeaux. Les Marcheurs ont réclamé, dans un communiqué il y a quelques semaines, un état des lieux précis de la vétusté des immeubles de la ville. Le permis de louer, qui a été voté à la fin de premier trimestre de cette année à Bordeaux Métropole, a été cité comme un des outils possibles pour évaluer la vétusté et la fragilité des bâtiments.

La pierre de Bordeaux : désignée coupable ?

Les causes réelles de l’effondrement des immeubles à Bordeaux ne sont pas encore connues, mais la pierre de Bordeaux pourrait faire partie des coupables. En effet, les principaux édifices bordelais, qui ont été bâtis depuis trois siècles, sont construits pour la plupart avec cette pierre emblématique du Port de la Lune. La pierre de Bordeaux est composée de calcaire issu des carrières des bords de la Garonne et de la Dordogne et est très poreuse.

Selon Denis Boulanger, un architecte du patrimoine, cette pierre est très belle et est structurellement l’une des meilleures en France, mais ce n’est pas la plus solide de toutes. Il rajoute que si elles sont bien entretenues, les constructions pourront encore tenir plusieurs siècles. Le tout est de s’assurer que les chéneaux fonctionnent correctement, ils permettent de récupérer l’eau de pluie. Dans le cas contraire, l’eau peut infiltrer les murs, ce qui va affaiblir sa structure au fil des années. L’apparition de taches vertes ou noires sur les façades sont les signes d’un mauvais entretien.